La conférence internationale AAIC2018

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Du 22 au 26 juillet se tenait à Chicago le rendez-vous incontournable des scientifiques dédiés à la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies neurodégénératives. Plus de 5600 chercheurs étaient réunis à cette occasion à la conférence AAIC2018 pour aborder les différentes thématiques entourant les maladies cognitives et comme toujours, c’était l’occasion d’effectuer plusieurs annonces majeures qui nous permettent de mieux comprendre et gérer ces maladies. Parmi les annonces qui ont retenu notre attention, plusieurs études s’intéressaient au traitement des symptômes comportementaux des personnes atteintes. Une étude en particulier, menée par une équipe de chercheurs canadiens et financé par le programme de recherche de la Société Alzheimer, a montré l’efficacité d’un dérivé cannabinoïde le nabilone, pour le traitement des symptômes d’agitation chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade modéré ou avancé. Le nabilone est déjà approuvé par Santé Canada pour traiter les symptômes de nausée causés par une chimiothérapie, mais contrairement à d’autres médicaments prescrits pour traiter l’agitation, le nabilone ne présenterait pas d’effets indésirables. Des études plus poussées, avec un nombre plus important de patients sont cependant nécessaires pour évaluer l’effet sur la cognition, l’alimentation et éliminer l’effet de sédation observé chez certains patients.

Une autre annonce de taille, a été le dévoilement des résultats préliminaires et encourageants de la phase II de l’essai clinique mené par Biogen et Eisai sur leur molécule à l’essai, BAN2401. BAN2401 a permis une réduction des plaques amyloïdes, avec un effet significatif de la dose la plus importante (10mg/kg) et une réduction de la protéine Tau, en comparaison au placebo. Il est important de rappeler que les essais cliniques de phase II ont pour but d’évaluer l’activité thérapeutique de la molécule à l’essai et de déterminer la dose optimale qui donnera les meilleurs effets, avec le moins de risques possibles pour le patient. Les résultats de la phase III seront déterminants avant une commercialisation éventuelle de la molécule thérapeutique.
La conférence AAIC2018 a également été l’occasion d’annoncer les résultats de l’essai clinique SPRINT MIND (Systolic Blood Pressure Intervention Trial Memory and Cognition In Decreased Hypertension) qui vient donner la preuve qu’un traitement intensif de l’hypertension, connu comme un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer, permet de diminuer de 19% le taux de nouveaux cas de troubles cognitifs légers.
Les résultats d’autres études ont été dévoilés concernant l’historique de reproduction et de grossesse chez les femmes et leur impact sur les risques de développer la maladie d’Alzheimer, l’effet de la luminothérapie pour améliorer le sommeil, l’humeur et les comportements déroutants des patients atteints ou encore la prévalence de la maladie d’Alzheimer au sein de la communauté d’aînés LGB.

Rendez-vous du 12 au 18 juillet 2019 pour le prochain AAIC cette fois-ci à Los-Angeles, Californie.

Sur la photo de gauche à droite: Dr Christa Lanctot du Sunnybrock Heath Sciences Centre, Nalini Sen directrice de recherche et Pauline Tardif, chef de la direction Alzheimer Canada