Je m’appelle Alain Demers. Il y a près de six ans, j’ai reçu le diagnostic «coup de poing»: une maladie cognitive a commencé à s’enraciner dans mon cerveau. Je suis atteinte de maladie cognitive frontale (ou fronto-temporale) qui s’apparente à la maladie d’Alzheimer. D’ailleurs, les deux types d’affections neurologiques ont longtemps été confondus. Parmi les symptômes, on note entre autres les pertes de mémoire, les changements soudains de comportement ou la difficulté à s’exprimer.

J’ai dû faire une croix sur un vaste pan de sa liberté. D’ailleurs, la pire épreuve a été de se faire retirer mon permis de conduire. Ne plus pouvoir aller où je veux, quand je veux, ça a été très difficile à accepter. Encore aujourd’hui, ça me fait quelque chose. C’est le plus gros coup de poing sur la gueule que j’ai eu dans toute ma vie.

Bien que la maladie ait fait une entrée fracassante dans ma vie, je me suis établi une certaine routine au quotidien pour maintenir mes acquis. Je cultive ma mémoire en prenant part à des activités offertes par ma Société Alzheimer régionale.Je force ma mémoire à travailler. C’est pourquoi je lis beaucoup et je joue au Scrabble. Je rencontre aussi beaucoup de gens. Ma femme vient me voir le samedi. J’ai aussi ma famille qui est toujours près de moi. Il n’y a pas que du négatif. J’ai su gardé le cap en surmontant de nombreux obstacles. Je veux maintenant de graver dans sa mémoire chaque petit moment de bonheur au quotidien.

Je veux livrer un message d’espoir aux gens qui vivent avec une maladie cognitive. Même dans le doute, il ne faut pas avoir peur de poser des questions. Il faut aussi se fier aux commentaires de nos proches. Ils ne sont pas là pour nous nuire. Il faut essayer de voir le ciel bleu, même s’il y a quelques nuages gris.

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